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MRNE: le champ du primaire
On peut identifier le secteur primaire comme ce champ d’action où l’État doit être omniprésent. Il y intervient par esprit de justice, pour éviter l’extorsion féodale qu'y pratiquent ceux qui ont fait main basse sur les ressources naturelles, mais aussi par souci d’efficacité, car les ressources naturelles doivent être distribuées selon les exigences d’une production désormais orientée vers la satisfaction des vrais besoins et respectueuses des priorités que suggère une éthique consensuelle.
La responsabilité de l'État est que l'on produise plus, mais dans le respect de l'environnement et en tenant compte de l'évanescence des ressources non-renouvelables. C'est aussi de voir à ce que l'on produise mieux, car la productivité est la condition de la richesse et l'ultime critère économique du développement.
On ne peut pas posséder les ressources naturelles… mais on peut légitimement les exploiter L'exploitation des ressources naturelles par le travail est une source légitime d’entreprise et de profit. Au primaire, il faut donc distinguer entre propriété et exploitation, ce qui au secondaire n’est pas essentiel.
L’Etat a la responsabilité d’approvisionner le système de production en ressources. En ressources humaines ayant les compétences adéquates, complémentaires et de plus en plus diversifiées, en ressources financières qui sont la représentation symbolique de la richesse et en permettent la gestion efficace, mais, aussi, en ressources naturelles. C’est à ce titre qu’il contrôle le secteur primaire.
Le secteur primaire, tel que nous le définissons, recouvre sans exceptions l'exploitation des ressources naturelles, allant jusqu’à une transformation initiale superficielle des matières premières pour en faciliter le stockage ou le transport, pour autant qu’elle ne réduise pas significativement la gamme de leurs utilisations éventuelles.
Selon les ressources qu'on en exploite, on peut diviser le secteur primaire en sept (7) sous-secteurs traditionnels : extraction, agriculture, élevage, foresterie, pêche, chasse et production d'énergie, auxquels on doit désormais ajouter l’exploitation du territoire à des fins ludique, un usage du sol qui va et ira croissant
Une Nouvelle Société contrôle les activités du secteur primaire et y intervient par l’entremise d’un Ministère des ressources naturelles et de l'environnement (MRNE). Ce Ministère est constitué en principe, en plus des structures d'administration et de planification qu'on retrouve dans tout ministère, d’une Direction générale de l’aménagement du territoire (DGAT) dont nous expliciterons alleurs la mission, des Directions générales (DG) de production correspondant aux sous-secteurs que nous avons identifiés ci-haut et d’une « Divison Environnement » (DE).
Lorsqu'on souhaite qu'une Direction générale, ses autres pouvoirs restant les mêmes, achète et vende sur les marchés, qu'elle soit responsable de ses transactions et qu'elle garde indéfiniment une autonomie financière distincte des fonds consolidés de l'État, on peut lui accorder l'autonomie requise. On en change alors la désignation pour éviter les malentendus ; la« Direction générale » devient un « Office national » … et elle fait des affaires..
Nous parlerons ailleurs en détail de la politique environnementale d’une Nouvelle Société. Dans cette section, nous parlons de production et donc essentiellement des DG et des Offices du MRNE qui ont un impact direct sur les activités du secteur primaire. En pratique, ce sont les besoins de chaque pays qui détermineront la structure concrète de son MRNE.
On a certes besoin d'une Direction générale responsable des industries extractives en Belgique, d'une Direction générale de la foresterie en Finlande, mais peut-être pas en Mauritanie... Quand une Direction générale ne s'impose pas, les pouvoirs qui lui seraient dévolus sont simplement joints à ceux d'une autre DG dont le mandat est alors élargi.
La plupart du temps, il est plus pratique de joindre l’agriculture à l’élevage. Non que les problématique en soient identiques, mais au contraire parce que souvent elles sont contradictoires et qu’il vaut mieux que les différends entre éleveurs et agriculteurs soient résolus au sein d’une seule DG que de donner plus d’importance et de moyens à leur antagonisme latent en les faisant chapeauter par des structures administratives de plus haut niveau qui deviendront tôt ou tard rivales.
La terre qui passe de l’agriculture à l’élevage - ou l’inverse – doit le faire au seul vu du critères de l’optimisation de sa rentabilité économique. Souvent, surtout en pays en voie de developpement, on pensera à s’écarter de cet optimum pour répondre a une demande sociale immediate, mais cette bonne intention ne mène a aucune solution à long terme. Le sol doit aller vers son utilisation la plus rentable. S’il y a des perdants, c’est à la société toute entière, au nom de la solidarite qui doit l’imprégner, de dédommager ceux qui sont lésés ou laissés pour compte, sans créer des ornières hors desquelles on ne pourra avancer
La chasse commerciale est un autre exception, car elle a des besoins spécifiques mais il y a peu de pays Russie, Canada, peut-être la Chine - où son importance justifie qu’on lui consacre des ressurces administratives du niveau DG. Il faudra trouver en chaque cas la solution iodine.
Chacun des sous-secteurs du primaire a sa spécificité qui impose qu'on le gère de façon distincte. Nous verrons donc pour chacun le rôle que doit y jouer l'État et les mesures qu'il doit y mettre en place, toujours dans cette optique d'aider et non de se substituer à l'initiative privée. Tous les sous-secteurs, cependant, ont ceci en commun de correspondre à une utilisation spécifique du territoire. Même les énergies solaire et éolienne exigent, pour être captées efficacement, cette mise à profit du territoire.
La terre - incluant air, mers, rivières et océans, fonds et tréfonds - est la première ressource naturelle. C'est celle dont dépend notre accès à toutes les autres. Il peut y avoir des chevauchements d’utilisation - on peut chasser dans une exploitation forestière, ou pêcher dans la rivière qui alimente un barrage - mais il faut que la destination première de toute parcelle du territoire soit précisée. Toute politique d'exploitation des ressources naturelles commence par une affectation et un aménagement du territoire. C'est donc de cet aspect aménagement que nous parlerons d'abord.
Pierre JC Allard
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