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La problématique du tiers-monde
Le
but de ce site n'est pas de régler les problèmes des pays « en voie de
développement », ceux qui partent de loin, ayant souvent été brimés
dans leur évolution par le colonialisme, mais qui vont de l’avant,
progresse parfois à une vitesse étourdissante et sont devenus parfois
les rivaux des pays développés « à l’Occidentale » (WINs). Les
WINs, (Western Industrialized Nations), peuplés de « winners
» dont nous sommes, peuvent s’en remettre à ces pays eux-mêmes
d’implanter une Nouvelle Société – ou une version équivalente qu’ils
développeront en conformité avec leurs propres patrons culturels
- Ne pas saboter leurs efforts, c’est le mieux que nous
puissions faire pour eux.
Le but de ce site n’est
pas non plus de régler les problèmes des pays sous-développés, ceux
qui, quoi qu’on en dise, ne s’en sortiront pas seuls… Il faudra les
aider, mais ce n’est pas ici qu’on trouvera le détail des solutions
pour le faire. Une Nouvelle Société devenue globale assumera en toute
priorité le mandat de les amener au seuil à partir duquel les
propositions NS pourront y être appliquées, mais celles-ci ne peuvent
pas l’être dans ces pays dans leur état actuel.
Il
n'est pas mauvais, toutefois, de réfléchir à l'effet de
certaines mesures si elles étaient appliquées dans le tiers-monde.
Dans
ces pays la problématique est différente, mais la reprise du sol par
une DGAT nationale apporte un résultat encore plus remarquable que dans
les pays développés. Dans une Nouvelle Société, chaque propriétaire
doit, pour fin fiscale, fixer la valeur de ses actifs qui sont alors
taxés d’un impôt universel sur le capital. Il ne triche pas,
car la valeur assignée à tout élément de son patrimoine constitue une
offre de vente irrévocable (OVI) de cet élément au prix ainsi établi.
On
comprend que la DGAT d'un pays sous-développé qui récupère
des milliers d'hectares de bonne terre inutilisée - généralement sans
frais, car car qui a un titre d'acquisition contre valeur dans le
sertao brésilien ? peut bien concéder sans sourciller au propriétaire
qui le lui demande un droit d'usage de trois (3) ans sur la terre ainsi
reprise et le laisser fixer à ces terres en friches la valeur fiscale
que celui-ci leur assignera. Le résultat sera bénéfique quoi qu’il
fasse et quelle que soit l'évolution de la situation.
En
effet, si le propriétaire devenu concessionnaire fixe à son
exploitation une valeur élevée, la DGAT augmente ses entrées fiscales
et le concessionnaire qui a librement consenti à cette charge fiscale
doit, s'il ne veut pas se ruiner, mettre l'exploitation en marche,
produisant une richesse réelle et créant des emplois. S'il ne le fait
pas, il constate vite qu'il s'est surtaxé et, à court terme, le sol
devient pour lui une dépense insupportable plutôt qu'une occasion de
gain. Tôt ou tard il ne voudra plus en acquitter les charges et devra
s'en départir.
Si, au contraire, le propriétaire
fixe à son exploitation une valeur faible et n'y apporte aucune
amélioration, quiconque souhaite l'exploiter vraiment peut s'en porter
acquéreur à vil prix. Même des travailleurs agricoles, aujourd'hui sans
terre, pourraient le faire, l'État leur consentant les crédits
nécessaires sur la garantie de la production des terres dont ils
deviendront ainsi les exploitants. Ceci aboutit à une réforme agraire
de fait, pour une fraction du prix que coûterait toute réforme agraire
politiquement imposée et qui ne serait pas une simple confiscation.
Nous
ne disons pas qu'un pays appliquant cette mesure pourrait récupérer et
redistribuer ses terres agricoles équitablement et selon les besoins,
sans se donner quelque mal et sans avoir quelques fusils à portée de la
main, mais cette approche apporterait une légitimité, une légalité et
une équité à l'opération.
Bien sûr, les
propriétaires sont imposés sur leurs biens, mais ce n’est beaucoup que
s’ils ont beaucoup, puisque ce sont les propriétaires eux-mêmes qui ont
fixé la valeur de leurs avoirs et que ce prix n’a même pas même pas été
discuté! Ils le sont dans un indéniable esprit d’équité, » puisque
l’impoôt sur le capital n’est pas progressif,
mais taxe impartialement les pauvres comme les
riches de la même proportion de leurs avoirs.
On a
ici une application originale et avec des conséquences
inusitées de la célèbre phrase d’Anatole France : «
La loi, dans sa splendide impartialité, interdit aux riches comme aux
pauvres de voler du pain ou de dormir sous les ponts…
» Les propriétaires terriens se sentiront
peut-être lésés si on applique cette mesure, mais on ne peut pas parler
sérieusement ici de spoliation et ceci est un avantage politique énorme
pour un gouvernement du tiers-monde qui veut procéder à une réforme
agraire.
La reprise des terres par l'État en
conformité des principes ici posés peut être politiquement séduisante
pour un pays sous-développé. Il ne faut pas croire,
cependant, qu’en en soulignant certains avantages nous encouragions les
pays du tiers- à procéder de cette façon sans mettre en place les
autres outils qui, tous ensemble, constituent une vraie
Nouvelle Société.
Ces outils
pourraient faire cruellement défaut au gouvernement téméraire qui
appliquerait cette seule mesure de reprise des terres sans en
disposer. Il faut s souvenir que même un pays développé, ou
un ensemble de pays développés, ne peuvent appliquer le programme NS
avec une certitude raisonnable de succès que s'ils constituent un
espace autarcique.
Si une Nouvelle Société ne peut
satisfaire à tous ses besoins, elle est dépendante des autres encore
néo-libérales et donc du gouvernement mondial actuel de banquiers sous
contrôle des shylocks dont le moins qu'on puisse dire est que leur
bonne volonté n'est pas acquise au changement. Les pays du
tiers monde, même l’Inde ou le Brésil, n’ont pas aujourd’hui cette
nécessaire autarcie. Seule la Chine pourrait y prétendre. Il sera
passionnant de voir le chemin qu’elle prendra.
Pierre
JC Allard
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