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DGER: les énergies renouvelables


   



La configuration du sol se prête parfois à une production d'énergie. Le cas le plus évident est celui d'une dénivellation qui permet de harnacher la force hydraulique - allant du barrage Hoover au moulin sur une rivière des Vosges ­ mais il y a d'autres cas de figures. Il y a la marémotrice, toujours en principe sur le littoral et donc sur le domaine public, mais donc le site idéal d'exploitation pourrait fortuitement être à l'embouchure en fjord d'une rivière non navigable et donc en terrain privé. Il y a l'activité géothermale. Il y la crête ou la vallée exceptionnellement orientée qui semblent inviter l'installation d'éoliennes. Il y a le plateau qui jouit d'un microclimat d'ensoleillement propice à la mise en place de capteurs solaires.

C'est une Direction générale des énergies renouvelables (DGER) sous l'égide du MRNE qui assure l'exploitation de ces sites et la production des énergies « propres ».  Elle n’est pas consituée en « Office »  car elle n’a pas de visées lucratives et peut même fonctionner à perte avec un budget que lui accorde l’État. La DGER a une mission en deux (2) volets qui se reflète dans sa structure interne : une Direction de la recherche et une Direction des ressources hydroélectriques.

D'abord, une Direction de la recherche. La Direction de la recherche de la DGER et son personnel doivent se sentir animés d'un esprit missionnaire, quasi messianique. Ils sont là pour changer le monde et ils travaillent pour Gaïa. Ils sont pressés. Pendant qu'ils poursuivent avec zèle la recherche pour des sources d'énergie renouvelable naturelles et, surtout, pour en abaisser le coût de production, ils savent qu'ailleurs des alchimistes en jaquettes noires préparent un autre futur basé sur l'hydrogène ou la fusion nucléaire.

LA DGER ne s’occupe que ce qui est environnementalement acceptable. C’est un conceprt qui peut changer. Si on a un jour l’énergie de la fusion nucléaire elle sera ou ne sera pas perçue comme « correcte » selon les critères qui correspondront aux valeur qui prévaudront alors.   De même si l’utilisation de l’hydrogéne comme vecteur devient souhaitable. N’y a-t-il  pas des désavantages à scinder ainsi la capacité de recheche ? Sans doute, mais l’avantage de motivation qui résulte de cette polarisation nous semble le justifier.  La DGER est verte.  Elle prendra ce qu’on lui dira qui est vert…

C'est un scénario de science-fiction, mais c'est aussi toute l'Histoire des Sciences ; de cette émulation, peut jaillir plus vite l'étincelle. On comprend alors pourquoi il est opportun de garder au sein du MNRE, collé aux fonctions de protection de l'environnement et doté d'un budget autonome, l'organisme qui conduit cette recherche des sources naturelles d'énergie propre. La Direction de la recherche de la DGER doit travailler d'arrache-pied à capter les énergies propres à leur sources au meilleur coût ; elle la responsabilité de l'expérimentation et de mettre en marche des projets pilotes.

La DGER a aussi le mandat de promouvoir l'utilisation d'énergies propres. Il y a une demande socialement responsable pour une énergie propre qui respecte l'environnement et qui est prête à en payer le prix; la DGER doit identifier cette clientèle et la motiver. L'ayant fait, partie de la mission de la DGER consiste à convaincre la Régie Nationale de l’Énergie  (RNE) – dont nous verrons ailleurs le rôle - d'utiliser davantage les énergies propres et de mettre en place les structures qui permettent d'en retirer le prix correct.

Elle peut le faire d'autant mieux que, n'ayant pas le statut d’ « Office National », elle ne se pose pas en rival potentiel de la RNE pour la vente de quelque forme d'énergie que ce soit. Elle n'a pas le mandat d'entretenir des relations commerciales multiples ni la responsabilité d’être rentable. La DGER, n'a qu'un seul client - la RNE –  à qui elle vend ses produits au prix coûtant et transmet ses procédés  dès que cette dernière s’engage à les exploiter commercialement.

À ce jour la DGER n’a sans doute qu’un produit que le RNE peut exploiter: l'hydroélectricité. Même dans ce domaine, LA DGER continuera sans relache ses expériences pour faire encore mieux et mettre la RNE devant l’évidence de la rentabilité  croissante des énergies propres.   Mais elle n’en planifie et n’expérimente pas moins  avec le solaire, l’éolien et elle le fera aussi avec tout ce que l’avenir apportera.

L'hydroélectricité est la preuve tangible qu'une énergie naturelle propre renouvelable n'est pas une chimère. Pour les chercheurs de la DGER, c'est à la fois une inspiration, une caution de leur sérieux, un modèle pour la mise en place de projets pilotes et une source de ressources humaines et techniques lorsque le moment est venu d'utiliser une source d'énergie expérimentale dans le cadre d'un projet à échelle industrielle.

Lorsque des alternatives de sources d’énergie verte arrivent au stade où il est temps d’en tester la rentabilité, c’est la Direction de l’exploitation expérimentale des énergies renouvelables qui s’en occupe. Elle a le mandat bien terre-à-terre de produire l'énergie au meilleur coût, la RNE ne la lui achetant que si, tenant compte de tous les facteurs, cette énergie qu'on lui e offre est commercialement une bonne affaire. Elle ne prouvera qu’elle l’est que si la production pilote en est planifiée avec soin et réalisée avec compétence.

Quand une source d’énergie est prête pour exploitation à prix concurrentiel, c’est la RNE qui prend charge.


Pierre JC Allard


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