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Le MRNE en sentinelle
Avant
de conclure ce premier volet de la production des biens tangibles où
nous avons vu les diverses faces du secteur primaire, un mot seulement,
sur un double rôle de vigilance qui échoit au MRNE. Surveillance d'abord, de l'environnement.
La Division Environnement est un élément crucial du
MRNE. Nous faisons allusion ici à la DE parce que notre étude
a suivi de près la structure du MRNE et que nous ne voudrions pas nous
en éloigner sans en mentionner cette importante composante, mais la DE
n'est pas l'un des éléments responsables de la production dans le
secteur primaire et ne fait donc pas partie au sens strict du sujet que
nous traitons ici.
On peut même s’interroger sur
l’opportunité de loger la DE au sein du MRNE, car l’air, l’eau, la
terre et la planète sont bien des ressources naturelles, mais le rôle
de la DE y est distinct, puisqu’on y traite des ressources
naturelles, mais qu’il ne s’agit plus de les exploiter, mais de les
conserver. La DE est bien logée avec les ressources naturelles, mais, à
partir de cette base, elle a ses propres objectifs, ses propres
politiques, ses propres mesures de contrôle et est responsable de ses
propres études.
La Division Environnement est
intégrée au Ministère des ressources naturelles et de l'environnement,
parce qu'il est pratique d'avoir ainsi, en rapports étroits avec toutes
les autres structures de ce ministère dont l'objectif est d'exploiter
la nature, celle-ci dont le but est de la protéger. On l’y garde aussi
parce qu’elle utilisera souvent des ressources humaines de même
formation que celles du MNRE et qui parleront donc le même langage.
N’en
tirons pas la conclusion, cependant, que la pollution et les crimes
contre Gaïa sont tous le fait du secteur primaire. Celui en est
responsable d’une large part, mais l’industrie manufacturière au
secteur secondaire, le transport au tertiaire en sont aussi des acteurs
importants. Une large part des activités de la DE touche les activités
du secondaire et du tertiaire, car
celle-ci s'occupe tout autant de la pollution de l'air des
villes par l'industrie ou les voitures que des conséquences sur la
reproduction des espèces marines de la vidange des pétroliers en mer.
La DE a une compétence transversale qui recoupe les activités
de TOUS les autres organismes de l'État et de la société n'est
elle-même qu'un aspect du dispositif complet et ubiquitaire mis en
place par une NS pour préserver l'environnement. La politique
environnementale d'une Nouvelle société fait l'objet d'un autre texte
de ce site. Le MRNE est ici en sentinelle.
En sentinelle aussi de la concurrence, rôle qui devient clair quand on fait un
petit bilan de ce que nous avons vu du fonctionnement du
primaire.
Dans le secteur primaire, le
rôle de l’État est transcendant. Il ne se mêle de production
qu'exceptionnellement, à corps défendant et, quand il le fait, il
l’oriente plutôt qu’il ne la gère. Il ne s’y garde vraiment
la main mise que sur la production et la distribution de l'énergie,
facteur si vital que la société ne peut permettre que d'autres intérêts
que les siens y prévalent. Pour le reste, l’État au secteur
primaire apparaît surtout comme propriétaire du sol et des
ressources.
C’est un rôle visible et il
est essentiel, mais ce n’est pas la fonction primordiale de l’État de
s’acquitter des devoirs d’un propriétaire. Sa tâche
principale consiste à tirer parti de cette situation pour assurer la
régularisation des volumes de production et des prix, en se
positionnant comme un intermédiaire obligé ou privilégié
entre le secteur primaire en amont et le secteur secondaire en aval.
Occupant
cette position stratégique entre primaire et secondaire, l'État qui ne
cherche pas à en tirer un profit, mais à faciliter le fonctionnement
harmonieux du système, ouvre ainsi un canal protégé par où peuvent
passer vers l'industrie, sans payer de rançons aux pirates de la
spéculation, toutes les matières premières sans lesquelles aucune
production n'est possible. A l'entrée de ce canal, le MRNE est ausi en sentinelle.
Garantissant
l'approvisionnement en ressources naturelles à prix stabilisés, une
Nouvelle Société modifie radicalement les règles du jeu et pose
l'assise sur laquelle on peut bâtir un nouveau système de production.
Elle donne aussi un coup de stylet droit à la jugulaire du système
capitaliste néo-libéral. Cette proposition ne fait donc pas partie de
celles dont on peut espérer la mise en place sans protestation.
Le MRNE est ici à l'avant poset, mais ce
que l’État fait pour les ressources naturelles non-transformées, il
peut le faire à tous les paliers du système de production où il le juge
nécessaire pour amortir les conséquences désastreuses d’un intérêt pour
la spéculation qui a remplacé le désir de produire pour satisfaire la
demande spontanée des consommateurs. L’État, agissant comme monopsone
peut acheter les extrants d’un palier de production et les vendre aux
producteurs dont ces matières partiellement transformées sont les
intrants.
Il crée ainsi des niches à l’intérieur
desquelles prix des matières premières est le même pour tous. Dans ces
niches où les compteurs des opérations antérieures ont été remis à
zéro, les producteurs peuvent rivaliser à armes égales, sur la seule
base de leur compétence et de leur travail, ce qui est tout le but d’un
système concurrentiel…
Le but de l’intervention de
l’État au secteur primaire est d’enlever l’effet de la «
rente » et de permettre ainsi en aval une véritable
concurrence. Au secteur secondaire, l’effet de rente existe
aussi, mais est justifié dans la mesure où le capital est le résultat
d’un travail et non d’une simple appropriation par la
force. La création de ce capital au secondaire n’a
pas toujours été sous le signe de l’équité - et le simple phénomène de
la concentration de la richesse peut exiger que des
correctifs soient apportés – mais on n’a pas ici le cas clair où la
propriété individuelle est intrinsèquement inique et où l’État doit
prendre charge.
Le rôle de l’État y est d'AIDER à
produire. Il le fait en assurant la disponibilité des ressources et une
totale transparence du marché. Le secteur secondaire doit donc être
laissé à l’entrepreneuriat.
Pierre
JC Allard
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