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Connaître la demande
Dans
l’encadrement qu’offrent les structures administratives -
Directions générales, Offices nationaux, etc - du Ministère des
Ressources Naturelles et de l’Environnement (MRNE), on peut produire
sans difficulté toutes les ressources dont l’économie a besoin, mais le
plus ardu reste encore à faire. Produire est devenu facile ;
c’est savoir ce qu’il faut produire qui est le vrai défi.
Quand
notre capacité de produire a permis d’aller au-dela de nos besoins et
de rejoindre nos caprices, la réaction du système, a été de produire en
surabondance n’importe quoi, selon ses intuitions, s’en
remettant
au contrôle par la publicité pour que la demande s’ajuste à
l’offre. D’où un gaspillage éhonté de ressources et une
frustration larvée du client qui cherche, mais ne trouve pas…
Puis
les choses ont changé. L’abondance et la montée en puissance du
travail-compétence, remplaçant le Capital comme facteur dominant de la
production, nous ont amenés à ne plus vouloir produire que ce
qui
est nécessaire à notre satisfaction et rien d’autre. La véritable
efficacité est devenue de ne rien produire de trop, mais de
faire
coller l’offre à la demande.
On a pris
conscience que
c’est par l’économie des facteurs qu’on optimise la
satisfaction
et un respect accru pour l’environnement a suggéré que
la
production des biens tangibles dove, elle aussi, viser à la plus grande
satisfaction pour le moindre coût en ressources.
Aujourd’hui,
il
est devenu malséant de vouloir « adapter » la demande à l’offre. Un
changement d’éthique, qui cherche et trouve son expression
légale, affirm e que la création d'un besoin artificiel, l’imposition
d’un critère de qualité illusoire ou la promotion d'une surconsommation
chronique, peuvent être assimilées à de fausses
représentations.
Les
normes garantissant la véracité de la publicité sont en mutation et
vont bientôt ramener celle-ci au niveau de l'information
factuelle. Simultanément, une garantie légale va bientôt,
contraindre les producteurs à réduire l'obsolescence au niveau que le
progrès des techniques rend vraiment souhaitable et à offrir aux
consommateurs les moyens de se tenir raisonnablement indemnes des
conséquences d'une désuétude trop prévue.
C’est
l’offre qu’on
veut désormais adapter à la demande. Dans cette optique, plus que toute
avancée technologique venant ajouter à une productivité déjà énorme,
c’est connaître la demande avec précision qui devient la clef de
l’efficacité en production. Une système dont
l’objectif
n’est plus de produire davantage, mais d’apporter la
satisfaction
va mettre l’accent sur une connaissance précise de la demande.
Dans
une société d’abondance, il est possible d'ajuster précisément à la
demande l’offre de biens tangibles puisque, contrairement à la demande
pour les services qui elle est infinie, il y a pour chaque bien
matériel un point de satiété où sa demande est
comblée. Il
suffit d'atteindre ce point précis qui optimise l’efficacité
et
la satisfaction : la demande.
Possible
et même
techniquement facile, puisque la demande, n’est que la consommation
finale, à laquelle s’ajoute la consommation intermédiaire des intrants
qui permettent de produire pour cette consommation finale. Il suffit,
en théorie, de connaître la demande finale pour chaque produit, puis de
remonter du spécifique au général, déterminant pour chacun ses
composantes - et pour ces dernières les leurs - traçant pour chacun
l’arbre de ses intrants, desquels on peut connaître la demande
intermédiaire qu’on ajoute alors à sa demande finale.
Prévoir
la demande pour un produit A, c’est donc en connaitre la demande
propre, mais aussi la demande pour tous les produits auxquels il sert
d’intrant. Si on s’en donne la peine, on peut remonter de la
demande pour tous les produits finis à celle pour chacune de ses
composantes, puis finalement à à celle pour chacune des ressources qui
entre dans sa fabrication.
En pratique, la
production de biens
tangibles débute donc avec la mise en disponibilité de nos
resources naturelles. Certaines de celles-ci sont consommées sans
transformation – surtout pour l’alimentation – mais la plupart servent
d’intrants à un processus de fabrication par étapes qui fera de chacune
d’elle la “matière première” d’un produit transformé qui deviendra à
son tour l’objet d’une transformation, et ainsi itérativement jusqu’à
ce que tout ce qui fait l’objet d’une demande ait été produit
Une
arithmétique simple, pas tellement diférente de celles qu’on utilise
pour les tables de Leontieff de la comptabilité nationale. Le
principe est simple, mais l’application peut être lourde.
C’est
l’essor de l’informatique qui rend maintenant possible cette
connaissance de la demande qui, il y a quelques années à peine,
n’aurait été qu’une utopie. Désormais, on peut remonter aux ressources
et connaître la demande totale pour tous et chacun dees
produits
du secteur primaire.
On peut connaître
adéquatement la
demande pour tous les produits du primaire dont le volume de production
est significatif, puisque la demande ainsi construite est un aggregat
et que les erreurs d’estimation le long du parours se compensent. La
variable qui gêne encore est le temps qui sépare la cueillette et le
traitement des donnés du moment où on en tire un plan de production et,
surtout, le temps qu’il faut aux acteurs économiques pour en prendre
connaissance et en tenir compte. Rien n’est parfait, mais ce temps peut
être réduit.
Au secteur primaire, il est
relativement facile
d’estimer la demande pour les ressources naturelle; on la connait assez
la demande pour ne pas faire de bêtises. C’est une toute autre
histoire, cependant, quand il ne s’agit pas d’estimer la demande pour
une matière première – il y en a quelques unes, mais on peut les
compter - mais la demande pour la myriade de produits distincts
fabriqués au secteur secondaire, tous unique ou se prétendant tels et
qui ne sont donc pas interchangeables.
Ce qui pous
amène au
deuxième élément du volet de production des biens tangible: le secteur
secondaire. C’est ici que le probleme d’estimer correctement
la
demande est primordial
Pierre
JC Allard
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