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En dire bien plus...
L'État
peut aider les producteurs encore davantage. Il peut le faire
en
mettant en ligne les volumes de consommation de chaque produit au cours
des dernières années, la tendance (trend) à la hausse ou à la baisse,
les prix moyens payés aux divers paliers, les données relatives aux
variations saisonnières et tout autre indicateur jugé pertinent.
On
peut, par exemple, fournir à tout moment aux fabricants le montant
global du revenu distribué au titre du revenu garanti ainsi que la
marge du crédit global disponible. On peut raffiner et les
lui
donner pour les diverses tranches de revenu, de même que les études
comparatives liant le profil de la consommation aux catégories de
revenus jusqu'à un seuil de saturation pour chacune de celles-ci.
Avec
la capacité de traitement de l'information dont on peut disposer
maintenant, aucun aspect de ce scénario ne présente plus un défi
technique sérieux. Le défi est seulement de comprendre que la
production n'est pas une partie de poker entre initiés - dont une part
de l'astuce est de ne pas donner aux concurrents l'information qui leur
permettrai t de prendre des décisions éclairées et donc adéquates -
mais de SATISFAIRE LA DEMANDE.
On a ici un exemple
bien pratique
de ce passage d’un société conflictuelle, où la pénurie a fait que tous
les jeux ou presque soient à somme nulle, à une société d’abondance
dont les résultats sont optimisés non seulement pour tous mais pour
chacun par le recours à des stratégies coopératives.
Ces
stratégies coopératives exigent une parfaite transparence entre l’État
et ses citoyens, pour contrer la tendance au secret qu’a cultivée en
nous depuis toujours le recours à des complot que l’interdépendance
entre tous les partenaires rend aujourd’hui contreproductifs. On ne
cache pas ses symptômes quand chacun est votre médecin…
C'est
avec ce principe bien en tête - et sachant pertinemment que le seuil de
saturation pour la plupart des biens de consommation courante est déjà
atteint dans les pays développés et le sera bientôt partout - que le
fabricant doit choisir entre stabiliser puis accroître si possible sa
production pour le bénéfice d'une clientèle déjà fidélisée, ou engager
une lutte pour augmenter sa part de marché.
La
concurrence est
un élément essentiel de la production dans une Nouvelle Société, mais
la concurrence entre fabricants doit se faire entièrement au niveau de
la valeur intrinsèque de leur produit et de leur efficacité à produire.
Personne n'empêche un fabricant de produire ce qu'il veut, mais celui
qui survivra sera celui qui produira mieux un meilleur produit;
produire trop ne sera plus une stratégie gagnante et les volumes de
production tendront vers la satisfaction de la demande : RIEN DE PLUS.
A
moins qu'il n'offre une innovation ou valeur spécifique bien pointu en
termes de service, le producteur d’une société industrielle mature doit
être conscient que ses chances de modifier significativement sa part de
marché sont minces, pour deux raisons.
D'abord,
une Nouvelle
Société met en place un réseau efficace d'accès à toute l'information
VRAIE concernant les produits de consommation courante comme les autres
produits. La publicité – si on peut parler encore de
publicité
–doit être factuelle, manier l'hyperbole avec prudence, mais jamais le
mensonge. La loi sera dure, à cet égard, car le consensus social
soutiendra fermement cette approche. Les tricheurs s’en
repentiront
Ensuite, les contrôles exigeants de la
qualité et la
notion omniprésente d'une garantie de résultat rendront pratiquement
impossible la distribution d'un produit qui soit de qualité vraiment
inférieure. Il ne sera pas facile de se démarquer des autres
et
d’obtenir un avantage concurrentiel simplement par la qualité du
produit ; il faudra mettre en évidence une spécificité et se créer une
niche. C’est aussi une conséquence inéluctable de la spécialisation qui
est la voie du progrès. La voie de la satisfaction.
Le
CNAA s’impliquera ainsi en assurer la transparence dans toute
transaction concernant les bien de consommation courante.
Cette
intervention qui ne met en lumière que des agrégats ne causera pas de
problèmes de confidentialité sérieux. Elle suffira à donner à TOUS les
producteurs et à leurs fournisseurs en amont une vision
claire de
la demande qu’ils pourront extrepoler et qui leur permettra de moduler
leur production à la mesure des initiatives qu’ils voudront prendre.
En
ce qui concerne les biens industriels de consommation courante, on voit
que les mécanismes de connaissance de la demande et de
commercialisation s'apparentent mutadis mutandis, à ceux pour les
produits agricoles que nous avons vus touchant le secteur primaire.
Lorsqu’on
voudra prévoir la demande pour les produits durables ou semi-durables,
il faudra s’immiscer davantage dans les transaction individuelles. On
en tirera encore plus de bénéfices, mais cette intrusion
pourra
être contestée, car elle va à l’encontre de philosophie individualiste
prevalente Il faudra que le CNAA s’explique, convainque et
fasse
ses preuves. C’est ce que nous voyons dans le texte suivant
Pierre
JC Allard
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