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Au voleur !

1. LES MARGINAUX DU CRIME

Hier j'ai trouvé un cambrioleur dans ma cuisine. La cinquantaine, maigre, sale, 1 m 65 au maximum. Pas très impressionnant. Il a filé comme un lapin quand il m'a vu, et je l'ai regardé descendre l'escalier arrière et disparaître dans la ruelle. Je n'ai même pas eu le goût de lui courir après; plutôt de lui lancer un pain..., ou un savon. J'en aurai tout de même pour cent dollars et plus pour faire réparer le cadrage de la fenêtre.

On le prendra mon voleur, bien sûr; il en est peut-être à sa douzième, peut-être à sa centième offense. Mais qu'est-ce qu'on va en faire? 6 mois de prison? Un an? Vous saviez que la plupart du temps, on ne les garde plus en prison que le sixième du temps auquel on les a condamnés? Un an de sentence mène à deux mois de prison. Et après la prison?

Après, il recommencera, puisqu'il n'y a rien d'autre qu'il sache faire. D'autres fenêtres brisées... Nous avons des problèmes plus graves, n'est-ce-pas? Mais que serait-il arrivé si, au lieu d'un type raisonnablement costaud, c'est une fillette de dix ans qui avait découvert l'intrus? Et si elle s'était mise à hurler? Et s'il s'était énervé...?

Mais laissons de coté l'hypothèse du drame, tout en nous souvenant qu'il n'y a pas de crimes innocents; nous avons déjà parlé des crimes de violence qui mettent en danger l'intégrité physique du monde ordinaire. Pensons plutôt aujourd'hui aux crimes qui ne comportent pas de violence mais contre lesquels une société doit aussi protéger ses citoyens. Que faire de tous les fraudeurs, voleurs et escrocs? Que faire de l'incorrigible pickpocket?


2. D'ABORD: LA VICTIME

Que faire de mon cambrioleur-lapin des cours arrières? Doit-on envoyer tous ces malfaiteurs au bagne? Doit-on même garder pour eux - à grands frais pour la société - des prisons qui sont les meilleures écoles du crime? Il vaudrait peut-être mieux revoir notre attitude face à ces criminels sans violence, en posant pour principe, encore une fois, qu'il s'agit d'abord pour la justice de protéger l'innocent et de dédommager la victime plutôt que de punir le coupable.

Quelle est la première chose à faire si on accepte ce principe? D'abord, avant toute considération de punition ou de réhabilitation, penser à la victime. Donc, condamner sans exception tout voleur, escroc, fraudeur ou autre malfaiteur qui a causé à qui que ce soit un préjudice, à rembourser sa victime et à lui payer un dédommagement que fixera le tribunal. Remboursement à 100 % avec intérêt, et dédommagement généreux pour la victime des ennuis qu'elle a eu à subir. Je voudrais que quelqu'un paye la note de ma fenêtre cassée... !

Ensuite, condamner le coupable à une amende sévère qui devrait le dissuader de recommencer. Plutôt que de condamner voleurs, fraudeurs et escrocs à la traditionnelle privation de liberté - ce qui est un concept moyenâgeux - ce serait une punition mieux adaptée au crime, socialement moins coûteuse, plus avantageuse pour les victimes et peut-être plus dissuasive, que de les condamner pour un temps à la pauvreté. La pauvreté qui, forcément, accompagnera pour le délinquant l'obligation qu'on lui imposera de rembourser, de dédommager la victime et de payer une amende.


3. TRAVAILLER, C'EST TROP DUR ?

Remboursement, dédommagement et amendes seront prélevés non seulement sur tous les biens présents du coupable, mais aussi, au delà d'un certain minimum vital qui sera fixé par la Loi - et plutôt bas que haut - sur tous ses revenus à venir. Et on lui trouvera du travail.

N'importe quel travail. S'il peut en trouver lui-même, à la bonne heure! Mais s'il ne trouve rien d'autre, il prendra ce qu'on lui donnera. Les sommes dues seront prélevées à la source de son employeur s'il est salarié ou, s'il travaille à son compte, il devra en faire le dépôt lui-même chaque semaine.

Le coupable ne pourra être libéré des obligations découlant de son crime, ni par la faillite, ni sous quelqu'autre prétexte que ce soit. Il est temps qu'on accorde la priorité aux droits des victimes; pas aux excuses des criminels ou aux ronds de jambes des avocats. Rembourser, dédommager, une amende. Pour une première offense, cette peine devrait suffire.

Si, toutefois, il récidive ou néglige de s'acquitter de ses obligations, il faudrait en conclure que l'individu doit être surveillé de beaucoup plus près. Comment? Certainement pas en le mettant en prison! Plutôt que dans une prison - où c'est la société qui paye très cher l'entretien du malfaiteur - c'est chez un parent, un conjoint, un ami qui se porte financièrement responsable de ses méfaits éventuels, qu'il faut mettre en surveillance le récidiviste ou celui qui volontairement refuse de s'acquitter de ses obligations. Et ceci, jusqu'à ce que ce dernier ait remboursé toutes ses victimes et payé toutes ses amendes.


4. LA RÉSIDENCE SURVEILLÉE

Condamné ainsi à la résidence surveillée, le voleur, l'escroc, le fraudeur - récidiviste ou récalcitrant - serait tenu de rester à domicile en permanence, depuis une heure après la fin de son travail et jusqu'à une heure avant qu'il ne commence à travailler - normalement, de 7 h du soir à 7 h du matin - et tous les jours fériés.

L'individu en résidence surveillée ne pourrait demander une permission exceptionnelle de s'absenter hors les heures prévues que pour une raison médicale sérieuse. Des vérifications périodiques seraient faites, et des amendes supplémentaires lui seraient imposées s'il n'obéissait pas aux règles prescrites.

Tout ça est très bien pour le malfaiteur qui a encore une famille ou des amis qui l'accueille, mais que faire du malfaiteur-épave, qui n'a rien, ni surtout domicile? Ou qui n'a pas la structure mentale suffisante pour gérer le minimum vital qu'on lui laisse de son revenu et dont personne ne veut assumer la responsabilité?

Eh bien, au lieu de le surveiller à sa résidence, on lui fournira une résidence où on le surveillera! Pas une prison, puisqu'il devra en sortir le matin, aller travailler et payer une pension, mais une "résidence de réhabilitation" où il sera soumis aux mêmes conditions que les autres condamnés à la résidence surveillée, c'est-à-dire à la règle du couvre-feu de 7 à 7 les jours de travail et de 24 heures sur 24 les jours fériés. Jusqu'à remboursement, dédommagement de la victime et paiement de l'amende, il devra demeurer soumis aux conditions de la résidence surveillée.



5. L'ENCADREMENT

Pour bien des petits malfaiteurs, il est possible que la résidence de réhabilitation devienne une demeure permanente. Est-ce que nous ne sommes pas en train de suggérer une forme de prison à vie pour des délits mineurs? Non, car la résidence de réhabilitation ne doit pas être un lieu de punition; on y surveillera, mais on y apportera de l'aide aussi.

Quand nous avons parlé des crimes de violence, nous avons dit: "décidons de protéger la société; on choisira ensuite entre le bagne ou l'asile". Quand il s'agit de crimes sans violence, on fait souvent affaire avec des individus qui, pour quelque faiblesse, tare ou problème psychologique que ce soit, ne peuvent simplement pas s'en sortir tout seuls dans la société moderne.

Les mots-clefs, ici, sont donc non seulement "protection" mais aussi "encadrement". Pour les malfaiteurs sans violence, ce n'est plus entre le bagne et l'asile, mais entre la détention et le refuge qu'on peut et qu'on doit choisir.

Le moment de faire ce choix viendra après qu'on aura assuré la protection du monde ordinaire en imposant au criminel récidiviste non-violent l'encadrement de la résidence surveillée. Une résidence de réhabilitation type devrait accueillir de dix à vingt personnes. Nombreuses, ces résidences pourront offrir des conditions de vie fort différentes, adaptées aux besoins de leurs pensionnaires, et plus ou moins rigides selon qu'on aura jugé, en chaque cas, qu'il convient de mettre l'accent sur la réhabilitation ou de s'assurer en priorité que l'individu ne cause plus d'ennuis.


6. LES PERMANENTS

Naturellement, il y aura encore des récidives par les malfaiteurs en résidence surveillée, et mêmes par les pensionnaires des résidences de réhabilitation: rien n'empêche de voler ou de frauder en plein jour. Pour ceux qui seront en résidence surveillée, une récidive mènera à la résidence de réhabilitation.

Quant à ceux déjà en résidence de réhabilitation - et à qui donc même un encadrement constant n'aura pas suffi pour qu'ils puissent reprendre le droit chemin - il ne restera plus d'autre recours que de les y garder à temps plein. Ils deviendront des détenus.

Des détenus, mais pas dans une ambiance de prison. Les résidences de réhabilitation où l'on gardera ces détenus devront être regroupées, et attenantes à des ateliers, pour permettre qu'y travaillent ceux qui auront été ainsi clairement identifiés comme criminels d'habitude et qui ne pourront pas sortir pour aller travailler à l'extérieur. La surveillance y sera plus étroite, mais on encouragera néanmoins une vie normale à l'intérieur de chaque résidence.

Ces détenus, pour leur travail, toucheront un salaire normal, et ils payeront pension. La règle de base étant toujours qu'ils demeurent à la résidence de réhabilitation jusqu'à ce qu'ils aient dédommagé leurs victimes et payé leurs amendes, certains s'en sortiront vite, d'autre plus tard, d'autres jamais. Ces derniers - pour qui un larcin n'attend pas l'autre - ce sont ceux qui ne peuvent pas vivre sans encadrement. La résidence ne cherchera pas à les punir; elle les gardera simplement dans ce milieu adapté à leur problème.


7. LA FIN DES PRISONS

La société a le droit d'être protégée contre tous ceux qui ne respectent pas la loi. Ceux - voleurs, fraudeurs, escrocs et autres malfaiteurs du même acabit - qui, sans être violents, ont néanmoins des comportements anti-sociaux doivent, d'une façon ou d'une autre, être mis à l'écart. Ne serait-ce pas un grand pas en avant de mieux protéger la population simplement en imposant à ces malfaiteurs la résidence surveillée - et un travail! - pour le temps qu'il faudra, plutôt qu'en les incarcérant?

En encadrant, au besoin de façon permanente, les petits criminels d'habitude, on met mieux la population à l'abri de leurs méfaits. Une Nouvelle Société prévient au lieu de guérir et, du même coup, fait en sorte que les frais d'entretien des petits criminels soient couverts par leur travail et cessent d'être une charge pour le monde ordinaire.

Qu'on se donne pour objectif de fermer les prisons traditionnelles d'ici 5 ans, en acheminant les criminels violents vers le bagne et les autres vers la résidence surveillée et le travail. C'est ainsi qu'on protégera vraiment le monde ordinaire.


 



Mise à jour 1999

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