97.10.08
LES VAUTOURS À CHARTE
Il semble qu'il n'y a pas de limite au nombre de couleuvres que ceux qui nous gouvernent
peuvent faire avaler au monde ordinaire. Ainsi, la Banque du Canada vient d'annoncer
froidement qu'elle augmente les taux d'intérêts pour "contrer
une reprise économique trop rapide qui POURRAIT créer un risque d'inflation".
Personne ne s'inquiète. Les médias sont muets.
Muets encore, les médias, quand les banques a charte annoncent qu'elles vont
refiler à leurs clients le DOUBLE de l'augmentation du taux d'intérêts
que leur impose la Banque du Canada.
Silence encore, et personne ne rigole, quand la Banque du Canada se dit "surprise"
par la décision des banques. Décision, bien sûr, dont il faut
croire qu'elle n'a pas été concertée entre les banques - concurrence
oblige - et que la Banque du Canada n'en a pas été préalablement
avisée.
Ce qui est choquant, ce n'est pas tant que les possédants soient à
quatre pattes sous la table pour ramasser les miettes avant que Lazare ne s'en nourrisse,
c'est qu'ils se donnent si peu de mal pour dissimuler l'opération. Il semble
que nous ayons atteint le point où le système n'a plus ni la peur
ni le respect d'une population que son apathie condamne à une descente progressive
aux enfers.
En langage clair, voici ce que la Banque du Canada, les banques et le gouvernement
viennent de faire: virer sur le compte des possédants environ 1% par année
d'une dette publique et privée d'environ 1,2 TRILLION, soit 12 milliards,
dont une partie significative restera aux mains des banques a charte.
Ces 12 milliards sortent des goussets du monde ordinaire. Ce sont les intérêts
supplémentaires que vous allez payer pour votre maison, pour votre auto...
et sur le solde impayé de vos cartes de crédits, car une hausse du
taux de base se répercute à travers toute la structure.
Ces 12 milliards iront dans les goussets de ceux dont les besoins sont satisfaits
et n'entraineront donc pas une plus grande consommation. En fait, on vient de décider
de NE PAS augmenter la consommation de 12 milliards. On vient de décider
de NE PAS CRÉER LES 150 000 EMPLOIS qui auraient été nécessaires
pour produire ces 12 milliards de produits de consommation.
Ne pas créer ces emplois, c'est ce qu'on appelle freiner une croissance trop
rapide. Virer 12 milliards aux riches, pour les rassurer que tout gain de productivité
finira bien dans leur poche et non dans celle des miséreux ou de la classe
moyenne, c'est ce qu'on appelle "contrer les risques d'inflation".
La principale activité de nos gouvernants n'est PAS de lutter contre le chômage;
c'est, au contraire, de garder le chômage au niveau le plus élevé
qui n'entraîne pas de désordre civil incontrôlable. Vous ne le
croyez pas? Regardez comment la Bourse BAISSE chaque fois que les chiffres de l'emploi
s'améliorent. Regardez et comprenez. Croyez-vous que l'objectif de nos gouvernants
soit de réduire le chômage, même au prix d'une baisse des valeurs
en Bourse... ou de maintenir le prix des valeurs en Bourse en faisant en sorte que
le chômage ne diminue pas?
Nous venons d'avoir la réponse - encore une fois - de la Banque du Canada:
on vient de faire en sorte qu'il n'y ait pas de reprise de la croissance... On vient
de relancer le chômage au profit des banques - les vautours à charte,
et de ceux qui vivent de leurs intérêts.
Pierre JC Allard
Vous pouvez maintenant commenter cet article au
BLOG Nouvelle Société !
(Cliquer ici).
Page précédente
Page suivante
Litanie des avanies
Retour à l'accueil