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Le monopsone bienveillant
L'ONPA est
l'acheteur universel des produits des sous-secteurs
agriculture/élevage. Au contraire du secteur minier où il est
ab initio le propriétaire et où a payé à l’exploitant le service de le
transformer, il est ici l’acheteur d’un produit dont c’est la valeur
ajoutée par l’exploitant comme entrepreneur qui est la composante
principale. Sauf si la concession a été accordée à un exploitant qui
n’y avait aucun droit antérieur ou si l’ONPA lui a consenti
un prêt, l'exploitant reste pourtant libre d'accepter ou de refuser
cette offre d'achat de l'ONPA.
L’État se porte en
principe acquéreur de toute la production, en exécution de contrats
conclus avant même que la production n'ait débuté et que quoi que ce
soit n'ait été investi pour la produire. Il l'achète à un
prix fixé de telle manière qu'il soit suffisant pour rembourser toutes
les dépenses que le producteur a dû faire pour produire et que soit
rémunérer adéquatement le travail que celui-ci a apporté à cette
production. Le processus d'achat passe par les étapes suivantes.
Une
fois l'an, à une date fixe qu'il juge opportune, mais toujours la même,
l'ONPA divulgue avec transparence sa politique et ses intentions dans
un rapport annuel. Il y ajoute des commentaires quant aux cultures dont
il souhaite à terme diminuer ou augmenter le volume ou la surface
cultivée, ainsi que les efforts qu'il entend mettre pour améliorer
l'équipement et augmenter les rendements dans chaque type de culture.
Ceci, afin que les agriculteurs comprennent dans quel contexte se
situent les changements qu'on leur suggère et puissent prévoir le
soutien financier et technique dont ils disposeront.
L'ONPA,
par exemple, si sa politique a moyen terme est de diminuer l'usage du
tabac et d'en réduire progressivement ses achats d'une année à l'autre,
le dira clairement et proposera une ou des cultures de substitution. Il
autorisera inconditionnellement le passage vers ces cultures de
substitution et l’encouragera en offrant pour celles-ci des prix plus
élevés, en mettant prioritairement l'expertise technique de ses
conseillers au service de ceux qui veulent ainsi transformer leur
exploitation, en leur proposant au besoin une formation professionnelle
ad hoc et en accordant des crédits spéciaux pour l'achat des
équipements nécessaires à cette nouvelle culture. C'est ce genre
d'information que diffuse, entre autres, le rapport annuel
Le
rapport annuel de l'ONPA rend public également le calendrier d'émission
des offres d'achat de produits agricoles qui seront proposées en cours
d'année aux producteurs, indiquant pour chacune les quantités
approximatives que l'ONPA compte acquérir. Les offres d'achat
elles-mêmes sont émises aux dates ainsi indiquées au calendrier, une ou
plusieurs fois par année selon la nature du produit. Ainsi, par
exemple, si un type de culture permet deux récoltes par année, les
offres d'achat seront émises deux fois par an, chaque 60 jours avant le
moment normal des semences. Le principe directeur est que l'exploitant
puisse accepter ou non l'offre d'achat d'un type de production avant de
s'être commis à la produire.
L'offre d'achat est
publiée sur le site de l'État sur Internet. (Même dans les pays les
plus pauvres, une Nouvelle Société qui s'installe offre immédiatement à
tous ses citoyens un accès universel à l'Internet.) L'ONPA
décrit le produit qui en fait l'objet de l'offre d'achat en en donnant
les spécifications et annonce le prix offert, s’engageant à acheter à
ce prix toute quantité du produit dont le producteur est prêt à lui
confirmer la livraison au moment de la récolte. Dans les 30 jours
suivant la publication de l'offre, le producteur peut accepter cette
offre pour la quantité qu'il veut produire, confirmant son accord sur
le site Internet de l'État
Dès que le délai de
réponse à son offre d'achat est expiré - un mois avant les semences ou
l'événement déclencheur qui en tient lieu s'il s'agit d'un autre type
de production - l'ONPA, au vu des quantités dont on lui a confirmé la
livraison qu'on lui a confirmés et de son estimation des besoins
(consommation interne et exportation), peut faire aux producteurs une
deuxième offre, à un prix différent. Cette offre n'est faite que si la
quantité dont on lui a confirmé la livraison est insuffisante.
L'ONPA
qui fait cette deuxième offre ne s'engage cependant cette fois qu'à
acheter la quantité dont il a besoin. La page ONPA du site Internet de
l'État confirme, dès qu'il les reçoit, les acceptations de son offre
que les producteur lui font parvenir et, quand le seuil qu'a fixé
l'ONPA est atteint, la confirmation automatique que retournait le site
aux producteurs est remplacée par un avis les informant que leur
acceptation a été tardive et qu'ils doivent désormais s'intéresser à
une culture différente.
Les offres d'achat,
respectent les cycle de production des divers produits, mais sont
décalées dans la mesure du possible,de façon à ce que leur refus de
s'engager dans un type de production aux conditions qui leur sont
offertes laisse au producteur une marge de manoeuvre pour accepter une
autre offre et produire autre chose. Des offres distinctes sont faites
pour tous les types de culture, les produits laitiers, la laine, le
bétail d'abattage, etc., et les conditions de livraison varient
évidemment selon la nature du produit.
l'ONPA se
porte ainsi, sans aucune contrainte, acquéreur de la production
agricole. Il le fait en principe selon son estimation des besoins, mais
rien ne lui interdit - dépendant de la nature du produit, bien sûr -
d'acheter plus et de se constituer une réserve pour faciliter la
transition d'une culture à une autre, ou d'acheter moins et
d'encourager ainsi certains producteurs à écouler une partie de leur
production directement auprès des consomateurs.
L'agriculteur,
en effet, a ici le meilleur de deux mondes. Il peut d'abord vendre sa
production à l'ONPA et se mettre ainsi à couvert des aléas de son
métier; ce qu'il va produire est alors vendu avant même que la graine
ne soit en terre et une assurance le protège contre tous les risques
sauf son ineptie. Rien ne l'oblige à le faire, cependant. Il peut
spéculer que la demande sera plus forte que ne l'a prévu l'État,
s’abstenir de vendre tout ou une partie de sa production à l'ONPA et
chercher à la vendre lui-même. C’est son droit et son risque.
Devenu
acquéreur d'une très large part de la production agraire, l'ONPA en
prend livraison et approvisionne les grossistes nationaux qui en
assureront la vente aux consommateurs, selon la cédule dont il a
convenu d'avance avec eux. Il vend ensuite sur les marché
mondiaux, de gré à gré ou au cours des denrées, les produits dont la
production nationale est suffisante pour en faire
l'exportation. Il importe de la même manière, en
quantité suffisante et au meilleur prix, les produits pour
lesquels la demande nationale est supérieure à la production nationale .
Pierre
JC Allard
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