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ONPC : Office national de la pêche
commerciale
Nous
parlons ici de la pêche commerciale : l'exploitation des ressources
halieutiques par des travailleurs qui s'y appliquent en espérant que
cette activité sera leur gagne-pain. La pêche que l'on
pratique par agrément correspond à une autre utilisation du territoire
dont nous parlerons ailleurs.
Quand une Nouvelle
Société globale se sera établie sur la planète et que les océans seront
la Mare Nostrum de l’humanité, on en gérera toutes les les ressource
pour le bien commun et, parmi celles-ci, les produits de la pêche,
sources de protéines primordiales pour l’alimentation du
futur. On ne pourra le faire efficacement, toutefois, que si
l’on suit le même chemin qui a mené de la cueillette à l’agriculture et
de la chasse à l’élevage, en contrôlant le processus de reproduction de
plus près et en faisant des poisson un cheptel.
Élever
les espèces marines dans des bassins de centaines ou de milliers de
kilomètres cube est aujourd’hui de la science-fiction, mais il serrait
bien étonnant que cette génération, ou au plus tard la prochaine, ne
passe avant que tous ces choses n’arrivent… . En attendant, il devra se
créer un peu partout dans le monde des Offices Nationaux de la Pêche
Commerciale, dont chacun aura ses propres problèmes, mais qui auront
tous en commun celui de ne pas être « global »….
La
pêche commerciale, aujourd’hui, pose quelques problèmes à un ONPC
national. D’abord, un problème de droit, car poissons comme gibier, à
l'état sauvage, sont assimilés à des choses qui n’ont pas de maitre
(res nullius). Ces choses sont en principe à celui qui les
prend, mais, par respect pour la nature et aussi pour ne pas se créer
de problèmes avec les voisins, on est passé insensiblement de la notion
que les choses qui n’ont pas de maître peuvent être à tout le monde, à
celle qu’elles ne sont ni ne devraient être à personne… On a ainsi vu
la marine canadienne chasser manu militari des chalutiers espagnols
pêchant en haute mer… Un cas d’école de casus belli.
Le
lapin dans votre clapier ou le poisson dans votre vivier est à
vous. Mais si un éléphant s'aventure dans votre manioc ou un
orignal dans votre maïs, mieux vaut appeler la sécurité locale. Ne
l’abattez pas, il pourrait vous en coûter gros, même s’il est sur vos
terres. Les coutumes changent. A plus forte raison, si
l'animal est dans un territoire dont on ne vous a pas concédé
l'usage. Or, la pêche, c’est dans l’océan qu’elle se passe…
et personne n’y est chez soi. Qui va légalement raisonner ou
arraisonner le bateau-usine sous pavillon de complaisance qui travaille
juste hors des eaux territoriales… dont il n’y a même pas
unanimité pour définir les limites ?
Un
jour, on pourra traiter de mariculture comme d’agriculture et
les ressources naturelles de la mer seront considérées comme
propriété collective sous la garde de l'État global. En
attendant, cependant, les exploiter semble toujours un peu scabreux. Un
ONPC national peut se dire propriétaire des ressources halieutiques
dans les eaux territoriales du pays qui l’a créé et donnant à celles-ci
l’extension qu’il veut bien leur donner, mais ce n’est pas un droit
facile à exercer…
Compliquant la politique qu’un
ONPC national doit tout de même néanmoins mettre en place, il
faut ajouter, à cette relation nécessairement équivoque avec les
voisins, l’aveu d’une ignorance « abyssale » qui ne facilite pas les
efforts pour l’assainir… Considérant la situation actuelle de la pêche
dans le monde et l'état de nos connaissances, un ONPC ne dispose pas de
l'information lui permettant de définir et d’appliquer une politique
optimale.
Ainsi, nous ne savons pas encore
vraiment comment stabiliser les stocks de poissons, ni dans quelle
mesure les produits alimentaires issus de la mer deviendront des
substituts acceptables aux autres protéines animales pour ceux qui n’en
sont pas présentement consommateurs. Il entre ici en jeu des
variables culturelles que nous connaissons mal.
Aggravant
cette ignorance, il est plausible et ceci est un euphémisme - que
beaucoup de pays pour qui la pêche dite hauturière et pélagique est une
activité importante cachent soigneusement le volume réel de leurs
prises tel que le leur ont communiqué leurs opérateurs nationaux,
ceux-ci mentant d'ailleurs eux-mêmes sans vergogne.
Les
accords internationaux sur la pêche commerciale sont donc plus ou moins
respectés et, en plus du préjudice réel que cause cet irrespect aux
ressources elles-mêmes, il y a celui, peut-être encore plus pernicieux,
de transformer en conte bleu nos statistiques. Nous en savons peu sur
la réalité de la pêche et encore moins sur son évolution.
Enfin,
les intérêts et donc les priorités de de chaque ONPC
nationale ne sont pas les mêmes, rendant quasi impossible une
collaboration pourtant indispensable que l’ignorance rend déjà bien
difficile. Un accord en ONCP nationales pourrait être
précurseur à une Nouvelle Société globale, comme la CECA a
été le premier signe de ce qui est devenu une Europe plus unie… mais
rien ne semble indiquer que nous allions dans cette voie.
Au contraire, un hiatus se creuse entre une exploitation « industrielle
» - menant à une sorte de « agribusiness » des produits de la mer, qui
est sans doute la tendance à long terme - et un modèle
d’exploitation « artisanale » qui peut résoudre bien des problèmes
immédiats. Les ONPC nationales qu’on pourrait créer auront
des problématiques contradictoires.
Dans beaucoup de
pays du tiers monde, la pêche est la clef de l’autosuffisante
alimentaire. Il est difficile de trouver un branche
d’activité où un capital relativement mimime, n’exigeant l’apport que
de compétences aussi faciles à acquérir, puisse produire à une
augmentation de production aussi spectaculaire, avec des résultas aussi
immédiats sur une donnée aussi cruciale que l’alimentation.
Des
investissement relativement légers y suffiraient. Il est donc
raisonnable de penser que le volume de la pêche commerciale augmentera
dans les pays sous-développés ayant un accès à la mer et qu’un ONPC y
soutiendra cette croissance. Dans une bonne part des pays développés,
le défi au contraire est de gérer la décroissance
Pierre
JC Allard
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