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 La demande au secondaire (CNAA)


 


Pourquoi mettre l’accent sur une meilleure connaissance de la demande ? Parce que les millénaires durant lesquels nous avons lutté pour atteindre l’abondance n’ont jamais eu d’autre finalité que de nous permettre de satisfaire notre demande. Il faut connaître ce que nous voulons et le produire.  Pour les biens tangibles, le reste est poursuite du vent.

La demande du secteur primaire est facile à connaître, celle du secondaire ne l’est pas. Les hauts et les bas de la production nous promènent de disettes en excédents. Ils dépendent largement de causes naturelles et sont évidemment aggravés par la spéculation qui veut en tirer partie, mais il y a aussi ce facteur que, dès qu’on passe du primaire au secondaire, on ne sait pas vraiment ce que le consommateur veut.

La demande pour les produits fabriqués est difficile à cerner.  Elle est plus complexe que celle pour les biens naturels, pour la raison simpliste que le nombre des combinaisons entre les éléments d’un ensemble est évidemment supérieur au nombre des éléments eux-mêmes. 

Il y a pratiquement une infinité de produits différents que l’on peut fabriquer avec les ressources limitées que nous offre la nature.  Autant que l’ingéniosité humaine permet d’en imaginer et chacun répond à une demande subtilement différente de toutes les autres.

Chaque demande pour l’un ou l’autre de ces multiples littéralement « artificiels  » que nous fabriquons au secteur secondaire est d’abord un caprice, puisque, par définition, tout véritable « besoin » de l’être humain peut être satisfait par des « ressources naturelles », sans quoi, sa survie dans cet univers aurait été bien précaire…

Chacun de nous hiérarchise ces caprices de façon différente, selon SES désirs et SA vision du monde. Un ordonnancement qui change dans le temps selon nos propres humeurs et selon les circonstances. ( Pour les amateurs de théories, voir Maslow et les Marginalistes).  Pour les fins que nous discutons ici, il suffit de comprendre que la « demande » pour les biens que produit le secteur secondaire est au départ bien subjective.

La demande pour les biens que nous produisons au secondaire est distincte pour chacun  de nous, mais il y a des similitudes et un effet d’entraînement. Le temps passant et notre maitrise de la nature n’étant plus aussi dérisoire,  des  consensus se sont formés qui ont donné une certaine objectivité apparente à nos demandes et on a développé des attentes collectives… mais il ne faut jamais oublier que ce consensus est une construction mentale.

Nous ne savons pas ce que veut VRAIMENT chacun d’entre nous. Nous le savons d’autant moins que les consensus ne se sont pas établi en donnant à chacun la même voix au chapitre, mais en pondérant les opinions de Pierre et Paul par le pouvoir dont ils disposaient. 

Nous sommes seulement bien conscients que, depuis deux générations,  la demande pour les biens tangibles été  instrumentalisée au profit d’une minorité et s’est égarée.  Maintenant que les pouvoirs  se réajustent et qu’il y en a vraiment pour tout le monde, il serait bien bête de ne pas produire tout ce que le monde veut.  Il faut revenir sur la route de la satisfaction, mais dès que la demande n’est plus totalement manipulée, mais qu’on peut et qu’on doit plutôt l’écouter et la satisfaire, on est en terrain inconnu….  Quand l’offre produit ce qui l’arrange, on connaît APRÈS,  ce que le consommateur voulait, c’est ce qu’il a acheté …

On le lui aura vendu plus cher, pour que le producteur récupère ce qu’il a perdu sur la production de ce que le consommateur n’aura pas acheté.  Le consommateur aura travaillé plus pour moins… et le producteur aussi. Si on veut être plus efficace et mieux satisfaire tout le monde, il faudra savoir ce que le client veut AVANT de le produire.

Il y a bien des façons de tenter de la savoir, dont aucune n’est parfaite, mais qui sontplus ou moins utiles, selon le produit dont on veut connaître la demande. Essentiellement, le secteur secondaire offre deux (2) types de produits. Les produits de consommation courante et les produits dits durables, ou semi durables.

Les premiers  répondent à des désirs que l’on tient pour acquis, qui ne représentent  pas un investissement significatif pour le consommateur moyen, qu’on se procure  machinalement, sans trop y accorder d’attention et que l’on va vite remplacer par d’autres semblables… ou différents, si l’on a été déçu.

Au sein des produits de consommation courante dont il s’est rendu dépendant, le consommateur se crée des classes et des sous-classes qu’il se définit lui-même à l’intérieur de chacune desquelles sa demande lui semblera incompressible, mais  les options qu’on lui offre pour la satisfaire relativement interchangeables. Le producteur cherche à hausser le niveau où le consommateur juge sa demande incompressible, puis à lui créer un attachement obsessionnel à l’une ou l’autre des options proposées.

Les produites durables  - ou semi durables – au contraire, représentent pour le consommateur une dépense importante. On réfléchira donc mûrement avant de les acquérir, car la question est ouverte  non seulement des caractéristiques qu’on veut y trouver, mais même de l’opportunité de posséder ce produit plutôt qu’un autre qui viendrait  satisfaire un tout autre désir. Chaque produit perçu comme durable est perçu comme important, original, on peut s’y attacher… Si on l’acquiert,  on ne pourra pas et souvent  l’on ne voudra pas en changer souvent.

Il est clair qu’on ne peut de tenter de connaître par les même méthodes la demande pour ces deux catégories de produits.  Dans le premier cas, on peut estimer la demande  - disons pour une pâte dentifrice -  en analysant les indicateurs éconmiques et en posant et validant des hypothèses.  Dans le second cas,  il n’y a vraiment qu’une façon de connaître la demande du consommateur : lui demander ses intentions.

Pour faire ces analyses, poser ces questions et aider de toute autre manière le consommateur, l’État  peut mettre en place un CENTRE NATIONAL D’AIDE AUX ACQUISITIONS. (CNAA)  C’est une solution efficace. La question qui reste à débattre est de savoir si l’on VEUT donner à l’État cette information qui lui permettrait de nous aider.





Pierre JC Allard


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