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CNAA et consommation courante
En
ce qui a trait aux produits de consommation courante, c'est par un
suivi au niveau des ventes des détaillants que le Centre National
d’Aide aux Acquisitions (CNAA) obtiendra l’information sur la demande,
par le biais d'un simple rapport des vendeurs à tous les paliers.
L'information est compilée pour former un agrégat qui seul est rendu
public et qui respecte donc la confidentialité des données de chaque
commerçant et de chaque acheteur. Cette confidentialité est déjà bien
connue des organismes spécialisés en recherches de ce type, dont en
France l'INSEE.
Aujourd'hui, on se sert de rapports
mensuels, le
plus souvent obtenus de simples échantillons, et le temps que
requièrent la compilation, le traitement, et l'analyse des données
recueillies font que l'image qu'on en obtient de l'activité commerciale
est celle d'un passé récent mais révolu. Ce procédé ne peut donc être
qu'un outil de politique commerciale et fiscale globale à moyen ou à
long terme.
Pour que ce procédé de suivi devienne un
outil de
contrôle efficace de la production et de la distribution, il faudrait
que les données remontent par paliers du commerce de détail vers le
commerce de gros, vers le distributeur et de là vers les producteurs.
Il faudrait y assigner des ressources dont les gouvernants actuels ne
voient pas la nécessité. Pourtant, c'est ça qui est nécessaire. C'est
techniquement tout à fait possible et c'est ce que l'on fera. Tôt ou
tard. Le plus tôt sera le mieux,
Dans une
Nouvelle
Société, on le fait. Au départ, précisons que l'information est
disponible. Tout ce qui est vendu par qui que ce soit à qui que ce
soit, commerçant ou particulier, laisse une double trace. Une trace,
d'abord, au palier du paiement, puisque chaque paiement est fait par le
virement d'une somme de l'institution financière de l'acheteur à celle
du vendeur et qu'il y a compensation à la Banque de l'État. (Cette
première trace existe donc au moins en duplicata, souvent en triplicata
si l'institution financière du vendeur n'est pas la même que celle de
l'acheteur). Une deuxième trace de la transaction apparaît aussi aux
bilans mensuels pour fin fiscale du vendeur comme de l'acheteur.
On
sait que, dans une Nouvelle Société, tout individu responsable et
chaque entité corporative doit remettre à l'État un Bilan Mensuel (BM)
à partir duquel est fixé l'impôt sur le capital que chacun doit
acquitter. Ce rapport mensuel, lorsqu'il émane du particulier
non-commerçant, n'a qu'une valeur de contrôle fiscal, mais celui du
commerçant devient l'outil-maître de la prévision de la demande pour
les biens de consommation courante.
Quiconque est
commerçant -
le volume de ses transactions étant le critère qui sépare un commerçant
en semblables matières d'un non-commerçant - est en effet tenu de
produire, non seulement ce rapport mensuel, mais aussi un avis EN TEMPS
RÉEL de toute transaction et de toute livraison qu'il effectue ou
reçoit. Cet avis est envoyé par ordinateur au site Internet du CNAA
créé à cette fin. Il contient la même information que le contrat, la
facture ou le récépissé émis par l'une ou l'autre des parties et en est
généralement la copie, transmise au CNAA simultanément à la remise de
l'original à l'autre partie à la transaction.
Si
quelque raison
empêche cette simultanéité, le commerçant doit donner cet avis toutes
affaires cessantes. C'est un délit pour lui de négliger de donner cet
avis d'une transaction ou d'une livraison dans les 15 minutes qui
suivent sa conclusion et il alors devra rendre compte de cette
négligence. Chaque avis reste confidentiel, mais les totaux des
opérations quotidiennes sont calculés automatiquement et publiés sur le
site du CNAA, avec la restriction habituelle de confidentialité.
Les
biens livrés du fabricant, au distributeur, au grossiste, au détaillant
et finalement au consommateur sont suivis dans leur périple physique
grâce aux avis donnés aux divers paliers et l'on connaît du même coup
la variation des stocks qui équilibre l'équation à chaque palier. Le
CNAA sait où sont les choses. En parallèle, l'avis des ventes
effectuées, émis aussi à chaque palier, lui permet de connaître aussi
en tout temps qui en est le propriétaire, indépendamment de qui en a la
possession, celle-ci étant alors assimilée à la garde de l'objet.
Complexe
? Il n'y a rien dans cette procédure qui la distingue de celle de DHL
ou FedEx suivant le cheminement de ses envois, ou de l'inventaire en
continu (rolling inventory) qu'utilise aujourd'hui même, pour la
gestion interne de ses opérations, tout détaillant ou grossiste de
quelque importance. Rien, sauf la transmission de
l'information à
l'État. Le volume des renseignements ainsi traités ne constitue plus un
défi pour la capacité des ordinateurs actuels. En fait, l'ordre de
magnitude des transactions du groupe Wal-Mart se situe plus près de
celui de l'économie globale que de celui d'un individu moyen !
Quand
tout fabricant peut, à tout moment, voir sur son écran d'ordinateur les
fluctuations des stocks à tous les paliers de la chaîne de
distribution, il possède l'information clef pour ajuster sa production
à la demande. On peut l'aider davantage, car l'État possède et peut
rendre accessibles les données des extrants du secteur primaire et
celles des catégories du tableau des échanges entre branches d'activité
de la comptabilité nationale, chiffres qui pourront corroborer ou
nuancer l'information que l'on retire des rapports de vente et
livraison des divers produits industriels.
Ceci
d'autant mieux
que le suivi en temps réel de toutes les transactions transforme aussi
les comptes nationaux qui deviennent l'image en temps réel de
l'activité économique. Ceux d'entre nous qui avons connu l'époque des
enquêtes par courrier et des compilations sur machines Burroughs
devrons nous pincer pour y croire, mais il est tout à fait possible,
dès qu'on universalise l'accès à Internet, de constituer et de gérer
aujourd'hui une table d'input-output DYNAMIQUE de l'ensemble de
l'économie nationale. La question est de savoir si l’on veut
que
l’État ait toute cette information…
Pierre
JC Allard
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