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Biens durables et semi-durables
C'est
pour connaitre la demande des biens durables et semi-durables que le
CNAA sera le plus utile et c’est pour ces biens qu'une adaptation de la
production aux besoins exprimés poura apporter les plus grands
bénéfices. Le critère bien pragmatique pour distinguer entre un bien
durable et un bien non durable est la définition du “bien sujet à
amortissement”.
Si l'usure naturelle
d'un bien diminue
progressivement sa valeur marchande plus que l'inflation ne l'augmente,
le bien est semi-durable. Si c'est le contraire et qu'il s'apprécie
donc d'année en année, il faut le voir comme un bien durable. Dans le
contexte actuel, seuls les biens immeubles ou ceux dont la valeur n'est
pas utilitaire, mais culturelle - et n'est donc pas liée à
une
éventuelle désuétude - peuvent être considérés comme bien durables.
Comment
connaître les intentions des consommateurs concernant l’acquisition de
biens durables et semi durables ? On peut ici aussi faire des analyses
théoriques ou travailler sur des agregats, mais rien ne
semble
aussi efficace pour connaître la demande des consommateurs que de leur
demander ce qu'ils veulent. La capacité de traitement de l'information
dont on dispose rend désormais cette démarche pratique.
La
nécessité pour chacun de produire un bilan mensuel (BM) pour fin
fiscale établit une communication périodique permanente entre l'État et
chaque contribuable. Cette communication peut être élargie en demandant
à chaque citoyen d'autres renseignements et particulièrement, en ce qui
nous intéresse ici, ses intentions d'achat en biens durables et
semi-durables. Chaque agent économique peut ainsi, en cochant une liste
qui apparaît sur demande à l'écran de son ordinateur, jointe à sa
déclaration d'impôt mensuelle, indiquer s'il entend acquérir tel ou tel
type de biens au cours des trois, six, douze ou vingt-quatre
prochains mois, ainsi que le prix approximatif qu'il compte payer pour
l'acquérir.
Attention. On ne fait pas ici un sondage
sur ses
pieuses intentions. Quand un déclarant indique qu'il veut acquérir
quelque bien durable ou semi-durable que ce soit, il s'agit d'une
décision d'achat ferme, même si des éléments en demeurent à préciser,
comme l'identité du vendeur éventuel, par exemple. Le déclarant rend sa
décision ferme et crédible en versant immédiatement au compte du CNAA
2% du montant approximatif qu'il fixe lui-même de l'achat dont il donne
ainsi avis. Il ne s'agit pas d'un dépôt ; cette somme ne lui sera
jamais remboursée, qu'il donne suite ou non à son avis d'achat.
Pourquoi
le déclarant donnerait-il cet avis et verserait-il 2% du montant en jeu
? Parce que celui qui donne un tel avis reçoit du CNAA, au moment où il
effectue son achat, une ristourne sur le montant de l'achat ou, s'il a
donné avis d'un montant moindre, sur le ce montant moindre qu’il avait
a fixé pour cet achat. Ristourne de 6, 9, 12 ou 15% selon que l'avis
donné a été de trois (3), six (6), douze (12) ou vingt-quatre (24)
mois. Une économie nette, donc, de 4, 7,10 ou 13 %, considérant le 2%
qu'il a initialement versé.
L'acheteur reçoit cette
ristourne
directement du CNAA et elle vient donc s'ajouter à tout autre avantage
que lui consentirait le vendeur lors des tractations menant à la vente.
Il n'a pas à aviser le vendeur de l'avis qu'il a donné au CNAA et qui
lui vaut une ristourne – même si on peur raisonnablement supposé que
tout acheteur éventuel l’a donné - pas plus que le CNAA n'en
avisera les producteurs.
Les producteurs sauront
qu'ils
doivent prévoir une remise à l’État d’un pourcentage du prix de
vente qui aura été déterminé de façon empirique pour
compenser le
CNAA de ces ristournes et devront en tenir compte dans l'établissement
de leurs prix, mais ils n'auront pas l'information qui leur permettrait
de consentir un meilleur prix à celui qui ne reçoit pas de ristourne,
ce qui viderait cette démarche de son sens.
Le
consommateur
fera-t-il sérieusement cet exercice ? Rien ne l'oblige à donner cet
avis d'achat, mais s'il ne le fait pas il renonce à une ristourne qui
peut être très significative, surtout s'il s'agit de l'achat d’un
immeuble d'une automobile ou d'un ordinateur, par exemple. En revanche,
s'il émet cet avis et n'y donne pas suite, il perd le 2% qu'il a versé,
ce qui n'est pas non plus toujours un montant négligeable. Si ce
pourcentage n'est pas suffisant, d'ailleurs, pour que les ristournes
créent la motivation nécessaire et que les consommateurs ne donnent
l'avis qu'on attend d'eux, la valeur des ristournes sera simplement
augmentée jusqu'à ce qu'elles jouent leur rôle.
Elles
joueront
leur rôle quand la publication de la compilation journalière des offres
d'achat par types de produits, sur le site de l'État, permettra aux
producteurs de suivre efficacement en continu les fluctuations de la
demande. Pour les biens durables et semi durables, comme pour les
produits de consommation courante, toute une batterie de données
statistiques sur la saisonnalité, les tendances et le crédit/revenu
permettront au fabricant qui le veut de d'ajuster son offre à la
demande. Le producteur connaîtra avec infiniment plus d eprécisions ce
que sera à n horizons la demande pour son produit.
La
spécificité des produits semi-durables, toutefois, laisse la porte
ouverte à des ambitions plus larges pour le producteur qu'une simple
variation de sa part de marché. La tentation est grande pour lui d'être
proactif et le danger est donc là d'une production qui s'emballe et
tente encore de manipuler la demande.
Pour
canaliser l'énergie
des vendeurs tout en s'assurant que l'offre des produits durables
semi-durables se plie vraiment à la demande, il faut faire plus qu'une
simple diffusion de renseignements. Au lieu d'une adéquation de l'offre
globale à une demande estimée, il faut tenter d'en arriver le plus
possible à une offre précise répondant à une demande précise. Il faut
produire sur commande.
Pierre
JC Allard
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